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Mercredi 13 février 2008

 Chapitre 27 : Ames tourmentées…

Dans la petite maison à l’allure accueillante, tout le monde semblaient avoir l’esprit ailleurs. Mais, la mission, loin d’accaparer tous les esprits, n’occupait que de temps en temps celui d’Anauel. Toujours convaincu du bien fondé de la mission, il organisait comme il aimait à la dire « la résistance » et avait décidé d’avancer l’arrivée prévue des plus fidèles amis d’Hanaelle d’une semaine en vue comme il l’avait stipulé dans ses lettres de préparer une petite fête pour son retour. Il n’était pas entré dans les détails. Il leur avait juste dit qu’après un long voyage, elle serait sûrement ravie de les revoir. Alors, il leur avait proposé non pas d’arriver non pas la semaine prochaine mais cette fin de semaine. Ils avaient tous accepté avec joie. Anauel prévoyait de leur soumettre la situation et d’obtenir leur soutien. Hanaelle, aménageant la maison qui allait se transformer pour quelques jours en auberge de jeunesse, avait de plus en plus de mal à contenir son excitation. Dans quelques jours, elle reverrait Edhel, Sharila et Nassya. Bientôt ses meilleurs amis seraient à ses côtés et affronteraient, elle en était persuadée, l’ennemi qui menacait de détruire s’emparer de ce Royaume qu’elle aimait tant. Le blond Edhel, elfe gracieux au caractère aussi doux que le sein d’une mère, la ténébreuse Sharila, descendante directe des sorcières de Wulda et sa meilleure amie, et la timide Nassya, magicienne au grand cœur, sa sœur de sang .Ils n’étaient pas de lignée royale mais s’étaient avérés être les meilleurs amis que l’on puisse rêver d’avoir. Ils s’étaient rencontrés un an plus tôt lors de la foire annuelle d’Egganteirimet s’étaient liés d’amitiés lors d’une compétition qui les avaient opposés tous les quatre : une compétition assez spéciale, qui consistait à confectionner le meilleur dessert qui soit. Chacun avait préparé une recette délicieuse, à l’image de son créateur. Edhel avait préparé un dessert aussi léger et raffiné que sa personne, le dessert de Sharila associait avec art l’arôme du café aux éclats de chocolat noir dans une mousse onctueuse, Nassya prépara un gâteau qui par on ne sait quel miracle vous rappelait ceux de votre grand-mère et enfin, Hanaelle avait fabriqué des petits chocolats dont les cœurs vous réservaient les plus étonnantes surprises. Ces recettes, tellement savoureuses, séduisirent les jurés par leur originalité et leur saveur unique. Ils les déclarèrent à l’unanimité ex æquo. Ils s’étaient donc retrouvés obligés de partager la coupe, qui trônait trois mois par an chez chaque vainqueur. C’était la décision qu’ils avaient adoptée à l’unanimité. Le petit plus était qu’à tour de rôle, ils venaient passer l’été les un chez les autres et perfectionner leur cuisine. Cette année s’était au tour d’Hanaelle de recevoir et comme convenu Anauel serait leur hôte. Elle espéra juste qu’il ne serait pas aussi grognon que lors de ces dernières semaines.
Anauel était, en effet, de plus en plus irascible, les nerfs à fleur de peau. Personne n’osait plus l’aborder quand une ride, annonciatrice des pires colères que le monde ait jamais vu, se dessinait en plein milieu de son front. Même Mariana avait préféré l’abandonner dans ses moments-là à ses sombres et tourmentées pensées. La solitude était devenue sa compagne de douleur. Il semblait torturer de l’intérieur comme si une lutte sans merci s’y livrait. Devenait-il fou ? Ce n’était pas la folie qui le guettait mais plutôt les tourments d’un homme pris entre son cœur et sa raison. Pourtant, son choix, il l’avait déjà fait. C’était le prix à payer qu’il trouvait trop élevé. Avait-il peur de perdre Mariana ? Toute son âme frémissait rien qu’à y penser. Cette angoisse le rendait asocial, pendant un moment. Puis, semblant avoir vaincu les démons qui le tourmentaient, il venait s’asseoir sur le perron et redevenait l’Anauel que tout le monde connaissait et appréciait.
Mariana goûtait également à sa manière les moments où elle se retrouvait seule. Elle pouvait se permettre de méditer, tentant en vain de déchiffrer le fameux message tatoué sur le corps d’Anauel. Il semblait porter gravé sur sa peau les restes d’un passé douloureux, une malédiction qui ferait tout, elle en avait l’intuition, pour s’accomplir. Ses changements d’humeur, son côté lunatique de ces derniers temps l’inquiétaient au plus au point. Que lui arrivait-il ? Cette lune tatouée aussi noire que la nuit, n’était-elle pas annonciatrice de malheur avenir? Mais la présence de ce croissant de lune laissait tout de même présager une lueur d’espoir. Pourquoi cet enfant qui pleure ? Ce seraient les larmes d’Anauel. Cela évoquerait son passé, lorsqu’il n’était encore qu’un enfant ou bien alors son côté vulnérable. Cette malédiction semblait pouvoir être évitée si Anauel n’éprouvait jamais de la haine envers quelqu’un… Contre qui pouvait-il éprouver un sentiment d’une telle force ? Leur ennemi commun, Manfred ? Non, ses changements d’humeur étaient probablement liés à la lune, cette même lune qu’il avait tatoué sur le corps.
Oran, de son côté, n’était guère habité par des pensées plus réjouissantes. La maladie de son frère ne cessait de hanter ses pensées. Il vivait des moments magiques avec Hanaelle, mais en avait-il le droit alors que son frère souffrait tant ? Il se sentait coupable. N’avait-il pas perdu de vue sa mission, trouver un remède pour sauver son frère ? Si Manfred était celui qui par un sortilège inexpliqué en vue d’affaiblir Le Royaume avait affaibli son frère jusqu’à ce que sa vie soit menacée, il était sur la bonne voie. Mais si Manfred n’avait rien avoir avec Ceydric, que devrait-il faire, vers qui se tournait ? C’est généralement quand le désespoir s’emparer de lui qu’Hanaelle, apparaissait, souriante et l’entourait des ses bras pour dissiper toute cette tristesse qu’elle lisait dans ses yeux, cette même tristesse qu’elle y avait trouvé la première fois qu’ il s’était rencontré, cette même tristesse qui avait habité son regard quand elle avait perdu sa mère…Le visage d’Oran s’était détendue, elle sourit. Elle,aussi, avait eu besoin de quelqu’un pour la faire oublier cette douleur intense, la soutenir dans de tels moments et c’étaient Anauel qui l’avait fait. Ce même Anauel, en qui elle avait toujours eu une confiance absolue, qui semblait à son tour à certains moments de plus en plus désemparé, de plus en plus perdu… Ca ne pouvait plus durer. Il faudrait qu’elle en parle à Mariana. Ils ne pouvaient pas continuer ainsi à nier l’évidence. Il l’aimait comme un fou. Ils s’aimaient, ça crevait les yeux…
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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