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Mercredi 13 février 2008

 Chapitre 27 : Ames tourmentées…

Dans la petite maison à l’allure accueillante, tout le monde semblaient avoir l’esprit ailleurs. Mais, la mission, loin d’accaparer tous les esprits, n’occupait que de temps en temps celui d’Anauel. Toujours convaincu du bien fondé de la mission, il organisait comme il aimait à la dire « la résistance » et avait décidé d’avancer l’arrivée prévue des plus fidèles amis d’Hanaelle d’une semaine en vue comme il l’avait stipulé dans ses lettres de préparer une petite fête pour son retour. Il n’était pas entré dans les détails. Il leur avait juste dit qu’après un long voyage, elle serait sûrement ravie de les revoir. Alors, il leur avait proposé non pas d’arriver non pas la semaine prochaine mais cette fin de semaine. Ils avaient tous accepté avec joie. Anauel prévoyait de leur soumettre la situation et d’obtenir leur soutien. Hanaelle, aménageant la maison qui allait se transformer pour quelques jours en auberge de jeunesse, avait de plus en plus de mal à contenir son excitation. Dans quelques jours, elle reverrait Edhel, Sharila et Nassya. Bientôt ses meilleurs amis seraient à ses côtés et affronteraient, elle en était persuadée, l’ennemi qui menacait de détruire s’emparer de ce Royaume qu’elle aimait tant. Le blond Edhel, elfe gracieux au caractère aussi doux que le sein d’une mère, la ténébreuse Sharila, descendante directe des sorcières de Wulda et sa meilleure amie, et la timide Nassya, magicienne au grand cœur, sa sœur de sang .Ils n’étaient pas de lignée royale mais s’étaient avérés être les meilleurs amis que l’on puisse rêver d’avoir. Ils s’étaient rencontrés un an plus tôt lors de la foire annuelle d’Egganteirimet s’étaient liés d’amitiés lors d’une compétition qui les avaient opposés tous les quatre : une compétition assez spéciale, qui consistait à confectionner le meilleur dessert qui soit. Chacun avait préparé une recette délicieuse, à l’image de son créateur. Edhel avait préparé un dessert aussi léger et raffiné que sa personne, le dessert de Sharila associait avec art l’arôme du café aux éclats de chocolat noir dans une mousse onctueuse, Nassya prépara un gâteau qui par on ne sait quel miracle vous rappelait ceux de votre grand-mère et enfin, Hanaelle avait fabriqué des petits chocolats dont les cœurs vous réservaient les plus étonnantes surprises. Ces recettes, tellement savoureuses, séduisirent les jurés par leur originalité et leur saveur unique. Ils les déclarèrent à l’unanimité ex æquo. Ils s’étaient donc retrouvés obligés de partager la coupe, qui trônait trois mois par an chez chaque vainqueur. C’était la décision qu’ils avaient adoptée à l’unanimité. Le petit plus était qu’à tour de rôle, ils venaient passer l’été les un chez les autres et perfectionner leur cuisine. Cette année s’était au tour d’Hanaelle de recevoir et comme convenu Anauel serait leur hôte. Elle espéra juste qu’il ne serait pas aussi grognon que lors de ces dernières semaines.
Anauel était, en effet, de plus en plus irascible, les nerfs à fleur de peau. Personne n’osait plus l’aborder quand une ride, annonciatrice des pires colères que le monde ait jamais vu, se dessinait en plein milieu de son front. Même Mariana avait préféré l’abandonner dans ses moments-là à ses sombres et tourmentées pensées. La solitude était devenue sa compagne de douleur. Il semblait torturer de l’intérieur comme si une lutte sans merci s’y livrait. Devenait-il fou ? Ce n’était pas la folie qui le guettait mais plutôt les tourments d’un homme pris entre son cœur et sa raison. Pourtant, son choix, il l’avait déjà fait. C’était le prix à payer qu’il trouvait trop élevé. Avait-il peur de perdre Mariana ? Toute son âme frémissait rien qu’à y penser. Cette angoisse le rendait asocial, pendant un moment. Puis, semblant avoir vaincu les démons qui le tourmentaient, il venait s’asseoir sur le perron et redevenait l’Anauel que tout le monde connaissait et appréciait.
Mariana goûtait également à sa manière les moments où elle se retrouvait seule. Elle pouvait se permettre de méditer, tentant en vain de déchiffrer le fameux message tatoué sur le corps d’Anauel. Il semblait porter gravé sur sa peau les restes d’un passé douloureux, une malédiction qui ferait tout, elle en avait l’intuition, pour s’accomplir. Ses changements d’humeur, son côté lunatique de ces derniers temps l’inquiétaient au plus au point. Que lui arrivait-il ? Cette lune tatouée aussi noire que la nuit, n’était-elle pas annonciatrice de malheur avenir? Mais la présence de ce croissant de lune laissait tout de même présager une lueur d’espoir. Pourquoi cet enfant qui pleure ? Ce seraient les larmes d’Anauel. Cela évoquerait son passé, lorsqu’il n’était encore qu’un enfant ou bien alors son côté vulnérable. Cette malédiction semblait pouvoir être évitée si Anauel n’éprouvait jamais de la haine envers quelqu’un… Contre qui pouvait-il éprouver un sentiment d’une telle force ? Leur ennemi commun, Manfred ? Non, ses changements d’humeur étaient probablement liés à la lune, cette même lune qu’il avait tatoué sur le corps.
Oran, de son côté, n’était guère habité par des pensées plus réjouissantes. La maladie de son frère ne cessait de hanter ses pensées. Il vivait des moments magiques avec Hanaelle, mais en avait-il le droit alors que son frère souffrait tant ? Il se sentait coupable. N’avait-il pas perdu de vue sa mission, trouver un remède pour sauver son frère ? Si Manfred était celui qui par un sortilège inexpliqué en vue d’affaiblir Le Royaume avait affaibli son frère jusqu’à ce que sa vie soit menacée, il était sur la bonne voie. Mais si Manfred n’avait rien avoir avec Ceydric, que devrait-il faire, vers qui se tournait ? C’est généralement quand le désespoir s’emparer de lui qu’Hanaelle, apparaissait, souriante et l’entourait des ses bras pour dissiper toute cette tristesse qu’elle lisait dans ses yeux, cette même tristesse qu’elle y avait trouvé la première fois qu’ il s’était rencontré, cette même tristesse qui avait habité son regard quand elle avait perdu sa mère…Le visage d’Oran s’était détendue, elle sourit. Elle,aussi, avait eu besoin de quelqu’un pour la faire oublier cette douleur intense, la soutenir dans de tels moments et c’étaient Anauel qui l’avait fait. Ce même Anauel, en qui elle avait toujours eu une confiance absolue, qui semblait à son tour à certains moments de plus en plus désemparé, de plus en plus perdu… Ca ne pouvait plus durer. Il faudrait qu’elle en parle à Mariana. Ils ne pouvaient pas continuer ainsi à nier l’évidence. Il l’aimait comme un fou. Ils s’aimaient, ça crevait les yeux…
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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Mercredi 13 février 2008

 Chapitre 26 : Le véritable ennemi

Le peuple était en liesse. Ce qui expliquait l’animation qu’avait rencontrée à leur arrivée Anauel et les autres. Manfred avait annoncé la mise en place de préparatifs pour fêter le retour du Roi Elohim et de sa fille, la Princesse Hanaelle et avait invité la population à se mettre au travail. Ils avaient décidé de faire de même pour ne pas éveiller les soupçons. Hanaelle était radieuse ; voir combien son père était aimé de son peuple lui redonnait du courage. Elle aurait, aussi, enfin l’occasion de revoir ses amis qui devaient bientôt venir, suite à l’invitation lancée par Anauel… Il savait qu’elle aurait besoin de tout le soutien nécessaire pour se maîtriser face à Manfred et ne pas lui cracher au visage. Manfred, quant à lui, éprouvaient un plaisir sadique à mettre Elohim au courant de la situation qu’il trouvait irrésistiblement ironique. Le retour d’un Roi sur la fin, agissant sous la menace allait être fêté en grande pompe… Le peuple se préparait à l’acclamer et à fêter son retour et celui de sa fille alors qu’il n’avait, en réalité, jamais quitté le palais où il était maintenu prisonnier jusqu’à ce qu’à ce que sa fille soit retrouvée. Elle avait eu la bonne idée de s’enfuir, pas pour les bonnes raisons, mais au moins elle était à l’abri, loin, très loin du Royaume puisque Manfred ne l’avait pas trouvée. Il aurait été atterré s’il avait su qu’elle était bien plus proche qu’il ne le pensait… et qu’elle allait bientôt se jeter dans la gueule du loup.

Hanaelle était devenue sa proie, son obsession. Il la voulait, la désirait… Elle serait bientôt à lui… Un rictus de satisfaction altéra son visage aux traits réguliers. Si Elohim pensait qu’il allait renoncer si près du but, il se tromper. C’était sans compter sa ténacité. Il était sur ses traces. Il la trouverait bientôt, très bientôt. Sa milice avait fouillé, sans relâche, tous les recoins du Royaume et guettait maintenant l’arrivée de la Princesse car il en était sûre, elle devait se faire du souci pour son cher petit papa… Elohim était très inquiet pour sa fille, de plus en plus inquiet pour elle, surtout depuis qu’il la soupçonnait d’avoir en sa possession l’Anneau Sacré, le maillon manquant qui ferait de Manfred, le Roi légitime du Royaume. Pour le torturer encore un peu plus, il lui avait révélé ses intentions vis-à-vis d’Hanaelle. Il ferait d’elle sa femme légitime. Cette idée le révulsa. Il ne put réprimer un geste rageur. Comment avait-il pu se faire tromper aussi facilement ? Comment Manfred avait-il pu jouer ce double jeu infâme sans qu’il s’en aperçoive ? Etait-il à ce point accablé par la douleur et le chagrin pour avoir été aussi aveugle ? Ses questions ne cessaient de le tourmenter. Il ne pouvait pas laisser sa petite fille tomber dans les griffes de ce monstre. Il devait lutter, trouver un moyen de sortir de cette chambre. Mais, il était, à présent, un Roi sans pouvoir à la merci de ce jeune homme ambitieux et avide de pouvoir, au cœur aussi noir qu’une nuit éternelle. Et ce jeune homme n’était autre que le fils de son frère, le fils de Mébahel… qui avait, lui aussi, tenté de s’emparer du trône, il y a de ça plusieurs années. L’histoire se répétait-elle donc sans fin ? Accablé, il s’affaissa sur le lit. Non, il devait se battre. N’était-il pas le seul au courant des desseins de Manfred ? Il devait l’arrêter. Après tout même sans pouvoir, il restait le Roi et son devoir était de protéger son peuple. Et s’il était comme autrefois, le seul à avoir ressenti la présence de cette force maléfique aux pouvoirs immenses… Il la sentait à chaque fois qu’il était en présence de Manfred comme il l’avait sentie des années auparavant… C’était cette même force , celle-là même, il en était convaincu, qui avait pris possession de son frère, il y a de cela fort longtemps. Pourquoi la sentait-il à nouveau ? Quel lien existait-il entre Manfred et cette force aux pouvoirs démoniaques ? Avait-il fait appel à elle comme son frère pour assouvir ses noirs desseins? Des souvenirs douloureux lui revinrent en mémoire…
Dès l’annonce de son couronnement, son frère Mébahel s’était éloigné de lui, blessé dans son orgueil de n’avoir pas été pas choisi, lui, l’héritier du trône, considéré par sa position d’aîné comme le futur Roi. Leur père avait désigné son successeur. Il avait parlé et ils ne pouvaient s’opposer à son choix. Il ne voulait pas être roi, il ne l’avait jamais souhaité. Il ne s’était pas préparer. Son vœu le plus cher était de mener une existence paisible. Il avait tenté en vain de lier le dialogue avec son frère depuis l’annonce, de lui dire qu’il était prêt à aller voir leur père et à renoncer au trône. Mais, une barrière invisible s’était comme dressée entre eux et plus le temps passé, plus il sentait une présence malfaisante aux côtés de son frère… Elle s’affirmait de jour en jour et le date du couronnement se rapprochait de plus en plus. Il avait essayé en vain de convaincre son père de son inaptitude à régner et de lui faire part de ses doutes, d’un refus éventuel ; mais il ne l’avait écouté que d’une oreille distraite, lui affirmant qu’il était prêt. Elohim, inquiet pour son frère, tenta d’aborder le sujet de « cette puissante malfaisante » qui semblait attachée à son frère comme son ombre mais il lui répliqua qu’il se faisait des idées. Ce dernier était plus préoccupé par la haine vivace qu’on pouvait à présent lire sur le visage de son fils aîné à la seule vue de son frère que par les affabulations nées des incertitudes et du sentiment de culpabilité de ce dernier. Cette présence maléfique était tout simplement la haine viscérale qu’éprouvait son frère à son égard. Voilà ce que pensait son père, qui se méfiait tous les jours un peu plus de son fils aîné et s’était préparé au pire. Elohim, lui, était persuadé que c’était autre chose… L’attrait du pouvoir ne pouvait pas l’avoir changé à ce point, pas son frère, pas celui qui lui avait fait la promesse sur le lit de mort de leur mère de toujours veiller sur lui… Que de souvenirs douloureux ! pensa-t-il… Il est vrai qu’il ne l’avait appris que sur le lit de mort de son père. Jusqu’à ce jour, il n’avait jamais su la vérité sur les événements qui étaient survenus le jour de son sacre. Il n’avait jamais su que son frère avait tenté de le tuer… Il avait même dû préparer son plan dans cette même chambre, celle qui serait peut-être son tombeau… Manfred soignait vraiment les détails. Au lieu de l’emprisonner dans un cachot sordide, il l’avait enfermé dans la chambre de Mébahel, la chambre de son défunt frère dont il avait été obligé de proclamer le bannissement après sa prise de pouvoir avortée , ou plutôt devrait-il dire son assassinat manqué… Une douleur semblait lui déchirer la poitrine… Pourquoi ressasser ces vieux souvenirs ? Il porta la main à son cœur et serra les poings. Parce que ce jour-là, ce n’était pas son frère qui avait essayé de le supprimer, c’était cette chose, cet ennemi invisible. Aujourd’hui, il n’était plus le seul à être visé, sa fille, elle aussi, était menacée. Une fois, son plan accompli, l’ennemi la ferait disparaître tout comme il éliminerait Manfred, comme un vulgaire pion inutile. Une idée le rassura. Anauel avait sûrement réussi à la trouver et elle était en sécurité avec lui. Son sort lui importait peu tant que sa fille était hors de danger. Mais il devait se battre. Il ne pouvait pas laisser Manfred sans secours. C’était tout de même le fils de son frère et il n’était pas lui-même. « Ils étaient quand même de la même famille et entre rois… » Cette chose monterait jamais sur le trône, il lui avait déjà fait perdre un frère, il n’allait pas lui enlever son neveu, qu’il ne connaissait finalement pas. Dans un mouvement de rage, il essaya encore une fois d’ouvrir cette porte, qui restait obstinément close… Il se lança désespérément à l’assaut de cette simple porte qui lui barrait l’accès à sa liberté. A bout de force, il s’effondra de tout son long sur le sol. Le visage à même le sol, il n’avait même plus la force de se relever. Il avait épuisé presque toute son énergie, toute sa magie à tenter de briser l’enchantement qui le maintenait prisonnier. Mais, ce dernier était bien trop puissant, bien plus puissant qu’il ne l’avait cru et Manfred ne pouvait en être l’auteur. Mais qui était-il celui qui voulait à tout prix depuis déjà des années détruire le Royaume des fées ? dans quel but ? Quelle haine ancestrale l’animait-il ? En aucun cas, il n’aurait voulu que son ennemi le trouve dans cet état d’abandon et de désespoir extrêmes. Puisqu’il ne pouvait marcher, il ramperait. Avec ses dernières forces, il réussit à atteindre le lit et dans un dernier effort, à la force des ses bras, il parvint à s’y hisser sur le lit. Il s’allongea du mieux qu’il put, il ne sentait plus son corps. Il avait décidé de se battre. Ses armes, la patience et la ruse, lui permettraient de vaincre cet ennemi redoutable. Son frère avait sûrement laissé des traces, des pistes. Il les suivrait et trouveraient le moyen de battre ce monstre. Demain, il fouillerait la chambre en quête d’indices. Il devait tout mettre en œuvre pour découvrir ce qui se tramait réellement et démasquait cet adversaire redoutable de retour dont la seule intention, il en était certain aujourd’hui, était de détruire le Royaume.
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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Mercredi 13 février 2008

 Chapitre 25 : Le secret d’Anauel

 
Sur le chemin du retour, il ne cessait de penser à ces derniers mois. Il répondait machinalement aux signes de tête qu’on lui adressait à son passage. Il savait que le face à face allait bientôt commencer. Il lui faudrait alors être le plus astucieux, le plus intelligent des deux. Parviendrait-il à l’être alors que son âme était troublée… Elle était à la fois sa force et sa plus grande faiblesse. Il voyait déjà poindre au coin de la rue, sa petite maison, celle où il avait grandi et vécu la plus grande partie de sa vie de jeune homme. Mais depuis qu’il était devenu le précepteur d’Hanaelle, le palais était devenu en quelque sorte sa demeure principale. Hanaelle…petite rouquine au cœur tendre et à la volonté d’acier, n’ayant rien à envier au plus courageux des hommes. Elle avait si bien appris à le connaître qu’elle arrivait à sentir ses imperceptibles changement d’humeur ou de physionomie que d'autres ne percevaient même pas. Est-ce dû à ce lien qui s’était tissé entre eux, il y a quelques années auparavant. Le petit Oran, ou plutôt devrait-il dire Oran, c’était un jeune homme à présent, le connaissait également fort bien. Il savait qu’entre eux deux, il n’arriverait pas à cacher bien longtemps ses sentiments, qui, il en était sûr, étaient déjà connus d’eux. Il savait bien que le plus simple serait de les dévoiler au grand jour mais ce serait mettre en péril la mission. Avouer ses sentiments reviendrait à vouer la mission à l’échec. Il fallait qu’il soit fort, plus fort que Manfred. Il devait jouer le jeu, ne pas se démasquer, ne pas dévoiler ses intentions. Mais, Manfred était-il réellement son pire ennemi ou un adversaire, plus puissant, tapi dans l’ombre guettait-il une erreur de sa part ? C’était dans cet état d’esprit qu’il entra dans la maison. Les jeunes gens n’avaient pas attendu longtemps avant d’en prendre possession. Un petit nettoyage s’était avéré plus que nécessaire, surtout s’ils devaient y demeurer quelques temps. Il n’avait pas eu le courage de lutter et puis, cela faisait un petit moment que le ménage n’avait pas été fait vu les fréquents aller-retour de ces dernières semaines. Il eut juste le temps de prendre une plume et du papier avant d’être jeté hors de la maison par Hanaelle. Il alla s’asseoir sur le perron et son regard tomba sur son jardin, qui était quelque peu à l’abandon, mais dont la vue réussissait à chaque fois à l’apaiser. Il l’avait aménagé selon les conseils avisés de Maryella. Elle lui avait toujours dit que pour calmer ses craintes et pour méditer, il n’y avait rien de mieux que le jardinage. Il avait découvert avec elle, le plaisir de s’occuper des plantes, de mettre en terre, les angoisses devant les premiers gels, la fureur des éléments… En un coup de baguette, il aurait pu lui rendre son aspect d’origine, mais c’était perdre la satisfaction du travail accompli. Il tenait toujours entre ses mains, la liasse de feuille et la plume qu’il avait pu sauver avant d’être expulsé de chez lui. « Une vraie tornade rousse », pensa-t-il et il sourit. Son esprit revint à des idées plus pragmatiques. Il devait faire parvenir au Roi en présence, l’annonce de l’arrivée du fils de l’Ambassadeur et de sa cousine. Il décida d’envoyer sur le champ une missive lui faisant part de son arrivée ainsi que de celle d’Oran, qui, étant comme un membre de sa famille, avait émis le souhait de rester un peu en sa compagnie. Il prévint aussi de la venue de sa cousine originaire du Pays de Galles. Il était sûr que le Roi en était déjà informé et qu’il les inviterait tous à séjourner au palais, comme il était de coutume quand de nouveaux venus d’un certain rang étaient de passage dans le Royaume. Le message envoyé, il se risqua à entrer. Personne dans le hall et personne dans le salon, mais est-ce vraiment son salon ? Plus de pile de livres ou de magazines, plus de lettres, d'enveloppes abandonnées sur la table basse. Le plaid qu’il jetait négligemment sur le fauteuil avaient retrouvé sa place, les coussins éparpillés à même le sol, à nouveau sur la canapé , assuraient un confort douillet… Etait-il encore chez lui ? A l’évidence, non. Une touche féminine avaient irrémédiablement laissé sa trace... Des bruits lui parvenaient de la cuisine. Il renonça à y aller. L’accès, il en était sûr, devait lui était interdit. Il devait renoncer au café. Il décida donc d’aller prendre une douche. Persuadé d’être seul, les trois fées du logis étant accaparés par leur mission de nettoyage dans la cuisine, il se dit qu’il était tranquille pour un petit moment. En se rendant vers sa chambre, il commença comme à son habitude à déboutonner sa chemise. Arrivé, près de son lit, il la jeta sur le sol machinalement et s’assit, songeur. Sa chambre avait été épargné par la tornade rousse. C’était encore sa chambre, enfin pour l’instant. Des vêtements épars dans toute la pièce, le lit défait, une valise ouverte sur le vieux fauteuil de son père, sa malle au pied du lit… Il n’avait pas aperçu Mariana, qui ayant malencontreusement fait tomber l’alliance de son grand-père sous le lit, le seul bijou qu’elle aimait porter, était à moitié fourrée sous le lit. Elle ne l’avait pas entendu entrer. Elle l’avait enfin retrouvée et remise à son doigt. Elle se releva sans bruit et le vit de dos, assis sur le lit, le tête entre ses mains. Son dos était voûté, il semblait épuisé. Elle n’osa pas le déranger mais ne savait pas comment faire pour sortir sans qu’il la remarque. Son regard avait été attiré par cet étrange tatouage qu’il avait en plein milieu du dos, entre ses ailes. Il semblait représenter une lune. Une lune noire dont seul un croissant était lumineux. Le croissant de lune semblait bercer un enfant endormi dont les ailes apparaissaient sur le côté… L’enfant, dont le visage était à moitié éclairé, semblaient pleurer. Une phrase dans une langue qu’il lui était inconnu achevait ce magnifique tatouage pourtant empreint de tristesse. Elle se rappela qu’elle était un fée et que cette langue devait lui être familière, sous cette forme. La phrase disait ceci :
 

 

« Des larmes viendront le miracle qui te sauvera de la malédiction héritée de tes ancêtres, de ta haine renaîtra leur pouvoir. »
 
Quelle malédiction pesait sur Anauel ? N’était-il pas issu d’une famille de fées ? Pourquoi avait-il ce message tatoué sur son corps ? Une foule de questions lui traversaient l’esprit. Anauel se leva, elle se jeta par terre pour qu’il ne l’aperçoive pas. Il sortit de la chambre et prit direction de la salle de bain. Quand elle entendit couler l’eau, elle sortit à son tour de la pièce.
Cette phrase ne cessait d’hanter ses pensées quand Hanaelle lui sauta dessus.
-         Où étais-tu ?
-         Dans la chambre, je faisais un peu de rangement, répliqua-t-elle en essayant de masquer son trouble.
-         Où est passé Anauel. Depuis que je l’ai mis à la porte, il est introuvable.
-         Je crois qu’il est allé prendre une douche. Je l’ai vu passer... Il a un tatouage dans le dos, n’est-ce pas ? enchaîna-t-elle.
-         Comme nous tous ! Tu en as un aussi, dit Hanaelle avec un clin d’œil
-         Comment ça ? s’étrangla Mariana.
Elle avait un tatouage, première nouvelle. Il faudrait qu’elle en ait le cœur net mais un peu plus tard. D’autres pensées occupaient son esprit.
-         Chaque être féerique porte en lui son histoire, poursuivit-elle sur un ton mystérieux.
Mariana était de plus en plus perplexe… Quelle histoire cachait donc le passé d’Anauel et de ses ancêtres?
-         C’est une sorte de tatouage qui se révèlent le jour de nos dix-huit ans, qui résume notre passé, notre présent et notre avenir, poursuivit Hanaelle.
Soulevant son haut, elle ajouta :
-          Le mien commence à apparaître.
Dans son dos, apparaissait en effet l’ébauche d’une étoile encerclée par un anneau… C’était le même que celui qu’elle portait au cou… C’était l’Anneau Sacré !
-         Je ne sais pas ce qui m’attends… Mais cet anneau est étroitement lié à mon passé, à mon présent et à mon avenir, dit-elle sur un ton sombre.
Mariana l’avait rarement vue aussi sérieuse. Ce n’était plus la jeune adolescente fougueuse de tout à l’heure, elle avait devant elle, une jeune femme réfléchie et anxieuse dont l’avenir semblait bel et bien menacé. Reprenant ses esprits, elle poursuivit sur un ton plein de malice :
-         Comment as-tu pu voir son tatouage ? J’ai tout essayer pour le voir, mais il l’a toujours caché.
Mariana était contrariée. Elle ne pouvait pas dire qu’elle l’avait aperçu par hasard sans qu’il s’en rende compte, alors qu’il se déshabillait. Elle garda la même version que tout à l’heure.
-         Je l’ai vu sortir de sa chambre torse nu, une serviette sur l’épaule… Il a dû penser qu’on était tous dans la cuisine et qu’il était seul.
Semblant satisfaite de la réponse, elle ne répliqua rien. Elle fit une moue, puis redevenue curieuse demanda :
-         L’as-tu bien vu ?
Elle n’aimait pas mentir mais dans certaines situations…
-         Non, il était trop loin… répondit-elle du tac au tac
-         Tu es sûre ? insista Hanaelle.
Si elle voulait avoir la paix, il fallait satisfaire sa curiosité.
-         J’ai cru voir une lune. Une lune noire avec un croissant blanc.
Elle ne devait pas en dire plus.
-         Une lune noire avec un croissant blanc, répéta-t-elle, songeuse.
Se souvenant de ce qu’elle était venue lui dire, elle ajouta :
-         Il n’y a pas grand chose à manger. Arriveras-tu à faire un miracle avec presque rien ?
-         Avec une fée comme aide cuisinière, j’en suis sûre, répondit-elle en souriant.

Miracle…Le mot avait résonné en elle comme un écho : « Des larmes viendront le miracle qui te sauvera de la malédiction héritée de tes ancêtres, de ta haine renaîtra leur pouvoir. » Mais que pouvait donc bien signifier cette phrase ? …

Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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Mercredi 6 décembre 2006

Petit ange, où es-tu ?

Cette question raisonna dans l’air sans réponse

L’heure du rendez-vous avait sonné

Mais pas de petit ange…

La petite fée s’assit patiemment

Et attendit.

 

S’associant à sa peine,

La lune pâle et le scintillement clair des étoiles

 Semblèrent s’adoucir,

La brise semblable à un long soupir

Vint caresser doucement son visage,

Lasse, elle ne voulut néanmoins pas partir

L’espérant toujours.

Elle trouva refuge dans le creux d’un vieux chêne 

Et

Des larmes qu’elle ne pouvait plus retenir perlèrent à ses cils.

Rompue de fatigue et de tristesse, elle s’endormit dans ses pleurs,

 

Compatissant à peine,

Silencieuse, la forêt  semblait s’être recueillie

La lune se voila dans sa robe grise pour ne point éveiller la fée endormie,

Les étoiles se parèrent de leur manteau de brume

Et le vent à son tour retint son souffle.

Tous attendirent la venue du jeune homme

 

La nuit passa

Et le soleil vint à la rencontre de la lune,

Voyant son air triste, il voulut savoir

Elle éclaira d’un faible rayon le visage de la jeune fille assoupie

Et des perles cristallines brillèrent à ses yeux.

 

Une fine rosée se posa alors sur la plaine,

Fruit de la rencontre du soleil et de la lune

Emus par le chagrin touchant de la petite fée,

Et

C’est ainsi , chers amis, que naquirent les perles de rosée…

Par Marypistache - Publié dans : Ebauche de poème
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Mercredi 6 décembre 2006

La muse rendit visite au poète

Le voyant anéanti à sa table,

Elle s’approcha de lui

Et

Déposa sur son front blême

Un tendre baiser

 

De sa caresse légère,

Elle lui redonna vie

Ses grands yeux s'illuminèrent,

Et semblable à un grand ciel  étoilé

Tel était à présent son regard

 

L’or de ses lèvres avaient scellé

L’union sacré

Du poète et de sa muse,

Qui savait fait éclore au-delà de la nuit

Les fleurs de son inspiration.

 

Lui rendant son amour dans un geste insensé,

L’homme lui vola un baiser

Sous cette étreinte subie,

Elle devint pour quelques heures

Un être de chair et de passion

Et

Mortelle

Dans les bras de son amant,

Elle goûta avec délice aux fruits de ses baisers.

Par Marypistache - Publié dans : Ebauche de poème
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Mercredi 6 décembre 2006

 L'Ange et la Fée

 

Assis sur une branche, le regard perdu dans le vide, un ange semblait porter toute la douleur du monde sur ses épaules. Petite fée son amie passait par là et le vit. Elle s’approcha et se posa en silence à ses côtés. Voyant les sillons que ses larmes dessinaient sur ses joues, elle se pencha doucement vers lui et de sa douce voix lui demanda timidement :

-      Pourquoi pleures-tu ?

-         Parce que je ne peux soigner tous les maux de la Terre… répondit-il dans un murmure.

-         Tu ne peux tous les soigner mais ceux que tu soigneras seront à jamais sauvés même si tu n’en sauves qu’un.

Comme il pleurait toujours, elle lui demanda à nouveau :

-         Pourquoi pleures-tu ?

-         Parce que je ne peux sauver tous ces pauvres gens….

-         Tu ne les sauveras pas tous. Mais ceux qui feront appel à toi, à ceux-là tu leur offriras une autre chance.

Comme il semblait toujours aussi triste, elle écouta le silence qui régnait en ces lieux. Il offrait quiétude aux âmes tourmentées qu’il arrivait à apaiser. La souffrance qui se dégageait de lui semblait palpable, elle aurait presque pu la prendre entre ses mains.

Rompant enfin le silence , il dit d’une voix tremblante d’émotion :

-         Je ne suis qu’un pauvre ange incapable…

Ne le laissant pas le temps d’achever sa phrase, elle posa un doigt sur les lèvres.

-         Rappelle-toi…murmura-t-elle. Tu m’as sauvé, moi, d’une mort certaine. Une fée ayant perdu ses ailes n’en est plus. Tu m’as rendu mes ailes… Tu m’as montré qu’il ne fallait pas perdre espoir, donner ce qu’on pouvait et faire de son mieux, aider dans la mesure de ses moyens. Tu m’as appris toutes ces choses. Tu m’as redonné espoir, tu m’as donné ton amour.

Elle reprit après une courte pause :

-         Tu n’es ni un incapable ni un pauvre. Tu es riche de ton amour, de cet amour que tu donnes aux autres… Et tu n’es pas n’importe quel ange… Tu es mon ange, mon ange gardien.

Elle l’embrassa prestement le front avant de disparaître dans un rayon de soleil. L’éclat de ses boucles blondes dansaient encore devant ses yeux qu’elle avait su rendre étincelants de lumière.

Par Marypistache - Publié dans : Petites nouvelles
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Mercredi 6 décembre 2006

La dernière lettre d’un salaud

J’étais un autre avant toi, j’étais moi avant toi.. Maintenant qui suis-je ?
Je ne suis plus moi même depuis que toi… Tu m’as ouvert les portes d’un monde où je ne peux plus désormais retourner… Je ne regretterai que ces instants où nos corps se sont trouvés et accordés à la perfection… Tu m’avais dit en riant ne pas venir de mon monde et j’en avais ri… Oui, tu n’étais pas de mon monde… Je n’aurais jamais cru rencontrer quelqu’un comme toi avant. Tu as été ma perle, mon étoile, mon ange… Jamais aucun homme n’a été aussi heureux… et maintenant, je vais tout gâcher… Alors que je t’aimais plus que tout au monde, je n’étais plus moi même… Tu m’avais changé… Je n’étais plus cet être rabougri, chétif qui avait peur des autres, ce salaud amateur de femmes… J’étais un autre homme modelé par ton amour et ta tendresse… Je n’étais plus moi-même… Trop d’amour, trop de toi, trop de bonheur, de ce bonheur insaisissable et étouffant, à ne savoir qu’en faire… Il m’a fallu fuir, te fuir, tout fuir… J’ai eu peur, trop peur, peur de me perdre, de me perdre dans ce bonheur que je ne méritais pas… Je t’aime à en crever… Je t’aime tout simplement comme je n’ai jamais aimé… Et ce sentiment, au lieu de me remplir de joie, m’horrifie… Ce feu qui m’envahit  au lieu de me réchauffer me brûle de l’intérieur. Où est cet homme ordinaire que j’étais, ce macho sans borne qui enfilait les femmes, les aimait pour leur corps, leur cris de jouissance, ces regards reconnaissants pour ensuite en changer ?… Chaque femme était un nouveau défi… Depuis que tu es entrée dans ma vie, je ne suis plus cet homme, c’est toi qui me gouverne, qui me rend heureux, qui me fait jouir… je ne vois plus les autres femmes, je ne me vois plus moi même… Où suis-je ? Qui suis-je donc ? Qui est cet homme dans la glace avec ce sourire idiot sur le visage et ce regard bienheureux ? Ce n’est pas moi ! ça ne peut pas être moi !! Où est ce désir ardent qui brûlait mes prunelles ? Qu’as-tu fait de moi ? Suis-je devenu  cet être fade, imbu de lui-même et de son bonheur ?? Je ne veux pas être cet homme !! Je t’aime oui, je t’aime mais cet amour me tue… Ce n’est plus ma maison, ce n’est plus ma vie, ce n’est plus moi… Si c’est cela le bonheur et l’amour alors je vous le rends mesdames, messieurs… je n’en veux pas… Je n’en veux pas de ce cadeau empoisonné… J’avais une vie avant toi que j’aimais, j’étais heureux… Ce bonheur, cette vie à deux bien réglée que tu me proposes, je n’en veux pas… Je te remercie de m’avoir fait ressentir toutes ces choses, mais je ne suis pas l’homme qu’il te faut, je ne suis pas celui qui fera battre ton cœur…

Elle n’en pouvait plus. Elle avait lu jusqu’à ce que ses larmes qu’elles avaient essayées en vain de retenir coulent le long de ses joues. Cet homme elle l’avait aimé comme jamais la fuyait…

-         Je ne suis rien sans toi, tu le sais ça… dit-elle dans un cri de rage avant de s’effondrer en pleurant sur son lit.

Elle pleurait silencieusement comme si cette douleur qui la rongeait la privait de mots, de cris, de voix. Elle tenait toujours serré dans son poing cette lettre, source de tant de souffrance. Elle se pencha sur sa table de nuit, prit son livre de chevet et  apposa à sont tour sur cette lettre ces quelques mots :

C’est toi qui m’apportais tout ce dont j’avais besoin, qui m’a permis d’être ce que j’étais. J’ai toujours eu peur de te perdre et maintenant, c’en est fait… Adieu donc mon amour, adieu mon amour…
Sans toi, je n’ai plus de raison d’exister...
Sans toi… il n’y a pas de sans toi.
Sans toi, c’est comme dire que ma vie s’arrête aujourd’hui.
Sans toi, c’est comme dire que plus rien n’existera après toi.
Sans toi, ça veut dire sans moi aussi, si tu peux te passer de moi, je peux bien me passer de moi…
Adieu donc… Vous m’avez retiré mon amour, vous m’avez ôté ma vie…Je n’ai plus de raison de vivre…
 

Elle se leva et se dirigea machinalement vers la salle de bain. Elle s’était moquée de son armoire à pharmacie, de tout cette batterie de médicaments pour soigner le moindre bobo. Elle aussi allait y trouver un remède contre cette douleur latente qui l’oppressait. Elle voulait dormir, simplement dormir, dormir pour toujours et oublier cette douleur. Elle revint lentement vers la chambre, s’assit sur ce qui avait été leur lit et termina la lettre par ces mots :

Je t’aime mon amour plus que moi-même.

 Ce qu’elle ne savait pas alors, c’est qu’il y avait deux lettres, le reflet d’un homme pris entre deux mondes et la vie avait voulu qu’elle découvre la première, oubliée sous ce lit.

Il rentra chez lui comme d’habitude, un bouquet de rose à la main, une bague de fiançailles dans la poche de sa veste et une demande en mariage écrite en bon et du forme. Il l’appela mais aucune réponse. Elle devait être sortie. Il déposa les fleurs sur la table du salon quand son regard fut attiré par une lettre froissée qui y avait été laissée en évidence ouverte. Il l’avait reconnue de suite. Il avait reconnu son écriture et celle de… mais à peine avait-il commencé à la lire, qu’elle tomba à ses pieds… Une angoisse et une terreur sans borne s’emparèrent de lui et l’étreignirent, il n’osait plus bouger. Il se rendit péniblement vers leur chambre dont la porte était restée entrouverte et réunissant ces dernières force, il la poussa. Ce qu’il vit le rassura d’abord. Elle semblait endormie, un sourire sur les lèvres… Quand, son regard se posa sur le petit flacon qui était tombé au pied du lit, il sentit son cœur se briser. Un douleur irradiante s’empara de sa poitrine. Aucune parole, ni aucune larme, rien qu’un mur de silence. Il s’approcha du lit, prit sa petite main encore tiède, retira la bague de son écrin de velours et la lui passa au doigt. Il avait du mal à respirer, le cœur comme pris dans un étau. Il se pencha sur son petit visage, déposa sur ses lèvres à jamais closes un baiser et ne se releva pas. Cote à cote, unis dans la mort, ils étaient devenus mari et femme.

Par Marypistache - Publié dans : Mes autres textes
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Mercredi 6 décembre 2006

 Chapitre 24 : Premier pas dans le Royaume

 
Elle se sentit comme aspirée dans un tourbillon lumineux. Son premier réflexe fut de fermer les yeux et de serrer les poings. Une étreinte très légère lui répondit alors. Cette main rassurante… c’était celle d’Anauel. Elle savait qu’elle n’avait pas à avoir peur quand il était à ses côtés. Elle ouvrit les yeux. Il la regardait tendrement. Ses lèvres semblaient murmurer un mot qu’elle ne comprenait pas. Elle puisa dans son regard la force qui lui manquait. Un chaleur bienfaisante semblait se répandre dans chaque parcelle de son corps. Elle arriva enfin à se calmer. C’étaient le mot fée... Obnubilée par sa peur, elle avait oublié ce qu’il lui avait dit juste avant le départ. Elle se concentra. Anauel était plongé dans son regard. Leur regard ne se détachèrent que lorsqu’elle eut l’impression que ses pieds touchèrent à nouveau le sol. Elle regarda aux alentours mais sa vue était comme embrouillée et ses oreilles bourdonnaient. Sa main tenait toujours celle d’Anauel. Leurs doigts étaient maintenant étroitement enlacés. Il ne semblait pas gêné par ce contact, bien au contraire, il lui semblait naturel. Des bruits lui parvenaient maintenant de toutes parts, des éclats de rire, des bribes de conversation, de la musique. Elle n’en crut pas ses yeux. Une ville se dressait maintenant devant elle alors qu’il n’y avait pas un instant elle se trouvait en pleine campagne. Un bruit au-dessus de sa tête l’interpella. Une petite explosion se produisit à nouveau et comme par magie, s’inscrivit sur le panneau de bois juste au dessus de sa tête : Deux nouveaux visiteurs. Bienvenue au Royaume des Fées ! Il n’avait d’yeux que pour elle. Mariana, trop absorbée par son observation, ne le vit pas la contempler, le sourire aux lèvres. Son étonnement et sa curiosité l’amusait follement. Les maisons, les plus étranges qu’elle n’avait jamais vu, se dressaient devant elle : des maisons en forme de champignon, de châtaigne, creusées dans les racines des arbres, et une, oh combien étrange, en forme de chaussure. Au loin, elle pouvait distinguer la silhouette majestueuse d’un palais. Mon Dieu, elle croyait rêver ! Elle avait l’impression d’avoir plongé dans un livre de contes pour enfants. Elle avait peur de se réveiller d’un moment à l’autre et voulait tout voir avant que leur rêve ne s’arrête. Elle était entourée de créatures ailées, d’enfants, d’hommes et de femmes dans les habits les plus étranges et les plus beaux qu’elle ait jamais vus. Perdue dans sa contemplation, elle avait complètement oublié Anauel. Elle se retourna pour le chercher et l’aperçut. Tout de blanc vêtu, une écharpe dans un camaïeu de bleu relevée par des broderies dorées tombait avec grâce sur ses épaules. Ses ailes aux reflets gris-noir se déployaient derrière lui. Elle en était tombée amoureuse dès leur première rencontre. Elle n’avait pas osé se l’avouer. Mais dans les rêves tout est permis! N’était-ce pas une illusion, son rêve ? Elle se jeta dans ses bras! Tout était trop beau pour être vrai. Mais, il était bel et bien là. Elle ne rêvait pas. La tête sur sa poitrine, elle entendait les battements sourds de son cœur. Elle sentit son souffle sur sa nuque. Ce ne pouvait pas être le fruit de son imagination. Elle se pinça et recula
-         Aie ! dit-elle en se frottant le bras.
Anauel se mit à rire. Les joues de Mariana rosirent.
-         Désolée! Un coup de tête ! J’avais l’impression d’être dans un rêve éveillé !
-         Ce n’est pas grave ! Heureusement que tu ne t’es pas jeté sur le premier venu !
Elle s’approcha de lui et lui donna un petite claque sur l’épaule. Hanaelle et Oran se dirigeaient vers eux.
-         On vous cherchait partout. Vous en avez mis du temps, dit Hanaelle, légèrement fâchée. Ce qui l’énervait vraiment c’était d’avoir vu Mariana se jeter dans les bras d’Anauel et de reculer comme si elle avait touché des braises incandescentes! Ils sont faits pour être ensemble alors qu’ils se décident à la fin.
-         C’est vous qui vous êtes égaré dans la foule. On a pas bougé de là, répliqua Anauel, d’un ton qui n’acceptait pas la réplique
Sentant une querelle proche, Oran décida de changer de sujet. Hanaelle et son tempérament de feu et Anauel qui semblait bizarre ces derniers temps, les nerfs à vif, il valait mieux éviter les conflits.
-         Où sont les malles ? questionna-t-il, sur un ton désinvolte.
-         Je les ai oubliées. Occupez-vous de Mariana et je reviens. Allez toujours chez moi. Hanaelle, tu connais le chemin, dit-il d’un ton sans réplique.
Et sans attendre la réponse, il avait disparu. Hanaelle sentait son précepteur préoccupé, étrange ces temps-ci , et pas à cause de la mission. Elle en était sûre : il était tombé amoureux. Elle savait bien que l’amour non déclaré, renié faisait des ravages dans le cœur des êtres. Mais, elle le savait aussi obstiné, entêté, tenace et s’il avait préféré la fuite, c’est qu’il n’était pas encore prêt à affronter la situation.
Anauel avait en effet pris la fuite. Quand Hanaelle avait ce regard, il savait que les problèmes n’étaient pas loin. Depuis qu’ils se connaissaient, elle avait tout fait pour qu’il rencontre quelqu’un. Seul son travail et sa petite protégée l’intéressait. L’amour semblait être une activité à laquelle il ne pouvait pas consacrer de temps. La vérité était qu’il avait peur de s’attacher à quelqu’un et de perdre cet être auquel il tenait le plus au monde. Il avait déjà perdu sa mère puis son père et il ne se sentait pas la force de s’investir dans une relation, de tomber amoureux jusqu’à… elle. Elle occupait toutes ses pensées. Quand elle s’est jetée dans ses bras, il avait cru devenir fou. Une lutte sans merci s’était engagée en lui entre son cœur et sa raison. Quand elle avait reculé, la lutte faisait toujours rage. Ses nerfs ne tiendrait pas longtemps à ce rythme-là et le plus dur était à venir. Pourquoi tomber amoureux maintenant ? Pourquoi alors qu’il avait besoin de toute sa raison, de toute sa combativité pour sauver le Royaume. La nuit était tombée dans l’autre monde, il se dirigeait, énervé, vers la carriole. D’un geste rageur, il prit les deux malles. Il aimait cette femme à la folie et il ne pouvait se le permettre! Vaincu, il se laissa tomber sur le sol, les malles toujours dans les mains. Un lien indicible les unissait que même la mort ne pourrait briser, il le sentait au plus profond de son être. Son visage lui vint à l’esprit, la confiance qu’il lisait dans son regard, cette tendresse… Il se releva. Il semblait être un autre homme. Même s’il ne pouvait lui avouer son amour, il ferait tout pour la protéger. Et Manfred était son ennemi. Encore plus maintenant qu’elle avait accepté de jouer les appâts, d’être une diversion. C’était une bataille personnelle qu’il allait maintenant livré, Manfred était devenu son ennemi juré. D’un pas décidé, il se rendit aux portes du Royaume et s’y engouffra. Sa dernière pensée, sur la terre des hommes, fut qu’à ce jour, aucun homme n’avait connu un ennemi plus redoutable que lui.  Entre ces deux hommes, une guerre, bien plus grande qu’eux, venait de se déclarer. L’échiquier était en place, le jeu pouvait donc commencer…
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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Mercredi 6 décembre 2006

 Chapitre 23 : Aux portes du Royaume

 
Hanaelle et Oran, émus de se retrouver dans ce lieu qui leur rappelait tant de bons souvenirs, s’étaient arrêtés. Main dans la main, ils semblaient revivre des instants magiques que même le temps ne parviendrait jamais à effacer. La petite troupe avait quitté la ville de bonne heure et avaient décidé de profiter du voyage. Anauel avaient réservé une surprise aux jeunes gens : découvrir la province en carriole comme les paysans. C’était ainsi qu’il l’avait découverte pour la première fois, il y a déjà quelques années. Ils avaient roulé tranquillement et s’étaient arrêtés en route pour pique-niquer. L’ambiance était bonne enfant, même si flottait dans l’air une tension que tous partageaient. Ce qui n’empêchait pas Hanaelle d’être radieuse aux côtés d’Oran. Anauel, lui, n’était pas très souriant et appréhendait de plus en plus l’arrivée au Royaume. Il aurait voulu tout abandonner et s’enfuir avec Mariana. Mais, il ne pouvait ignorer les responsabilités qu’il avait vis-à-vis d’Hanaelle et de son père. Anauel s’était arrangé avec le paysan pour qu’il récupère la carriole sur la colline. Cette même colline, qui proposait un panorama splendide sur les environs baignés dans la douce lumière du soleil couchant, avaient vu naître les amours d’Oran et d’Hanaelle. Ils restèrent un moment à contempler ce spectacle grandiose que leur offrait Dame Nature : Oran et Hanaelle enlacés sous le vieil arbre qu’ils semblaient ne jamais avoir quitté, Mariana debout aux côtés d’Anauel. Ce dernier légèrement en retrait profitait pleinement du moment. Il pouvait respirer le parfum de sa peau, la délicate senteur qui émanait de ses cheveux que le vent faisait virevolter doucement. Dernier moment de tranquillité et de félicité avant la grande bataille. Auréolés par les dernières lueurs du jour s’éteignant peu à peu, ils se dirigeaient maintenant d’un pas paisible vers le Royaume des Fées. Mariana était de plus en plus fascinée par la magie de ce lieu, qu’elle sentait présente tout autour d’elle. Anauel avait prévenu Mariana que dès qu’elle entrerait dans le Royaume des Fées, sa transformation serait immédiate. Elle n’avait qu’à s’imaginer en fée et la magie opèrerait. Hanaelle était ravie de pouvoir enfin faire découvrir son monde à Oran. Elle avait enfin pu lui révéler sa véritable identité et il était là, présent à ses côtés, prêt à découvrir son monde. C’était le plus beau moment de sa vie ! C’était loin d’être le cas d’Anauel. Il ne vivait pas ce moment comme il l’aurait souhaité. Le doute et les remords le rongeaient. Hanaelle et Oran franchirent en premier les portes du Royaume et disparurent dans un tourbillon de lumière sous les yeux étonnés de Mariana. Anauel s’avançait en direction de ses portes invisibles qui donnaient accès au monde des fées quand Mariana le retint. Sa main légèrement tremblante se glissa dans la sienne. Surpris, il se retourna. Elle était là, toute hésitante, à ses côtés, son regard cherchant le sien. Leurs yeux se trouvèrent. Une douce chaleur l’envahit alors. Elle se sentait en sécurité, prête à faire le grand saut. Désormais, elle le savait, elle le suivrait n’importe où. Cette confiance qu’il lisait dans son regard lui procura une telle sensation de bonheur qu’il sut qu’il n’aimerait personne d’autre qu’elle. Elle était celle qu’il avait attendue toute sa vie et il ne voulait pas la perdre pour rien au monde. Il lui serra tendrement la main puis après avoir échangé un dernier regard, ils s’élancèrent d’un même pas, à travers ces portes qui les mèneraient vers ce Royaume qui serait pour eux, source de grandes joies ou de grands malheurs.   
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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Mercredi 6 décembre 2006
Chapitre 22 : La Fée Mariana
 
Pendant plusieurs jours d’affilés, Mariana et Hanaelle étaient restées cloîtrées dans ce qu’ils avaient nommé «  la chambre des mystères ».Tandis qu’ils affinaient le plan de bataille et s’occupaient des derniers préparatifs avant le départ, des éclats de rire leur parvenaient souvent de la chambre. Que se passait-il dans cette chambre ? Ils ne le savaient pas car ils n’avaient pas le droit d’y pénétrer. La chambre leur était interdite. Oran mourrait d’envie d’y entrer. Il écoutait à la porte, essayait de trouver des prétextes pour pouvoir forcer l'entrée de cette chambre mais rien ne marchait. Face à un Oran bougon et entêté, Anauel ne pouvait s’empêcher de rire. Mais, il était toujours autant perturbé par ce qu’il ressentait pour Mariana. Avait-il le droit de faire passer ses sentiments personnels avant le bien-être du Royaume? Non, il ne le pouvait pas. Ne pas la voir lui causait de la peine mais c’était préférable. Il ressentait comme une brûlure dans sa poitrine dès qu’il l’apercevait et un nom résonnait sans cesse dans sa tête : Manfred. Pour éviter d’avoir à y penser, il proposa à Oran d’aller se changer les idées. Ils avaient bien le droit, eux aussi, de prendre un peu de repos. Avant de partir, ils laissèrent un mot à l’intention des occupants de la chambre aux mille secrets. En fermant la porte, Anauel ne put s’empêcher de penser que les femmes prenaient toujours trop de temps pour se préparer. Il savait Hanaelle assez coquette. Elle l’était devenue avec l’âge. Quand il l’avait rencontrée, c’était un vrai garçon manqué. Elle aimait grimper aux arbres, effrayer ses gouvernantes… une vraie petite terreur. La vérité était qu’à ses yeux, aucune femme ne pourrait jamais égaler sa mère. Il l’avait même aperçue une nuit devant le portrait de sa mère. Il avait préféré ne pas la déranger et ne lui en avait jamais parlé. Il lui avait expliqué le rôle d’une Reine, ce qu’elle représentait pour le peuple, ce que sa mère avait représenté pour lui. C’est depuis ce jour qu’elle avait changé. Elle restait la même petite fille espiègle mais elle savait qu’en tant que princesse, elle avait un rôle à tenir. On ne cessait de lui répéter qu’elle était le portrait de sa mère et son plus cher désir était de lui ressembler, de lui faire honneur et de devenir comme elle : une femme majestueuse, resplendissante, pleine de grâce. Le fait de se retrouver seule avec Mariana lui rappelait son enfance, les moments merveilleux qu’elle avait passés auprès de sa mère. Déjà toute petite, elle aimait la regarder se préparer pour les grandes cérémonies. Elle aimait la voir coiffer ses longs cheveux roux dont les boucles tombaient en cascade jusqu’à sa taille. Elle s’approchait tout doucement de sa mère qui la mettait sur ses genoux pour peigner sa petite tête rousse. Et c'était devenu un rituel : tous les soirs, elles se retrouvaient seules,toutes les deux, autour de la coiffeuse. Sa mère lui disait toujours que la couleur de leur chevelure était un cadeau du ciel et que c’était d’eux que venaient leur caractère de cochon, et elles se mettaient à rire, comme en ce moment avec Mariana. Cette dernière vit une lueur de tristesse traverser le regard d’Hanaelle. Elle voulut lui en parler mais voyant la jeune fille se remettre aussitôt au travail, elle se ravisa. A elles deux, elles avaient réussi à se faire deux garde-robes qui n’étaient pas mal du tout et qui feraient pas mal de jalouses ! Mariana avec la vieille machine à coudre de sa mère qu’elle avait sortie du placard où elle dormait depuis plusieurs années, et Hanaelle avec ses doigts de fée avaient fait des merveilles. Sur le lit, était étalé le fruit de leur travail. Elles avaient toutes les deux cinq robes à leur disposition. Elles avaient travaillé dur et s’étaient attelée à la tâche. Après avoir fait le plein de matériel : rubans, toiles légères, soie, organza, tissus satinés ou brodés de fil d’or, elles avaient fait des miracles et avaient transformé les anciennes robes de la mère d’Oran, Dame Maryella, en de vrais petites merveilles. Après plusieurs jours de travail, elles en étaient ravies et fière. Elles les rangèrent soigneusement dans leur malle pour le voyage. Il ne restait plus qu’à s’occuper des coiffures. Une des étapes les plus difficiles du plan pour Hanaelle. Elle, qui aimait tant ses cheveux qui lui rappelaient sa mère, devait les teindre. Mariana le savait et avait décidé de faire de son mieux pour lui rendre ce changement le moins douloureux possible. Elles sortirent de la chambre et trouvèrent l’appartement vide, un mot laissé en évidence sur la table basse du salon. Ils étaient allés faire un tour, eh bien, elles iraient donc se faire chouchouter. Elle envoya Hanaelle se préparer pendant qu’elle prenait rendez-vous. A leur retour, Oran et Anauel trouvèrent l’appartement désert, mais pas de mot. La porte de la chambre était ouverte, tout avait l’air en ordre. Quand elles rentrèrent la table avait été dressée, le repas préparé. Mariana entra la première suivie d’une jeune fille blonde, toute timide. Oran ne la reconnut pas tout de suite. Mais quand, il vit ses yeux émeraude, il comprit que c’était Hanaelle. Anauel qui ne l’avait pas reconnu au premier abord, fut le premier à la complimenter. Elle sourit. Anxieuse, elle attendait maintenant la réaction d’Oran. Ce dernier lui prit les mains, lui affirmant qu’elle était la plus belle femme sur terre quelque soit la couleur de ses cheveux et il l’embrassa. Le dîner se déroula à merveille. Oran  exposa avec fierté les dernières modifications : Mariana se ferait passer pour une cousine éloignée d’Anauel, venue du Pays de Galles. Comme tout le monde le savait, dans chaque pays se trouvent un Royaume des Fées. Le départ fut donc fixé pour le lendemain. A la fin du repas, les jeunes femmes disparurent un moment dans leur chambre, pendant qu’Oran et Anauel se chargeait de desservir la table. Oran les aperçut en premier. Mariana était magnifique mais il n’avait d’yeux que pour Hanaelle. C’était la première fois qu’il la voyait avec ses ailes qui semblaient parsemées de paillettes dorées. Elle était ravissante aussi belle que la première fois qu’il l’avait vu. Il avait l’impression de retomber amoureux. Anauel, lui, ne les vit pas tout de suite et continua de desservir. Quand il releva la tête, les mains chargées d’une pile d’assiette et de plats, il vit Mariana et crut que son cœur allait arrêter de battre. Elle était tellement belle qu’il en avait le souffle couper. Des rubans vermeils étroitement enlacés à ses longues mèches noires semblaient danser dans sa chevelure, parsemée de fleurs rouges et blanches. Ses lèvres avaient la couleur des cerises mures. Elle ressemblait à un bouton de rose. Sa robe vermillon laissaient voir ses épaules dénudées et de magnifiques ailes argentées achevaient ce tableau. Anauel croyait que son cœur allait le lâcher. Il n’avait qu’une envie, la prendre dans ses bras et… Il devait reprendre le dessus, se contrôler.
-         Vous êtes toutes les deux splendides, surtout vous Mariana, dit-il avec assurance, après avoir redéposer les assiettes, alors qu’il avait l’impression d’être à bout se souffle.
-         Je ne peux que confirmer, surenchérit Oran
-         Merci, répondirent-elles en chœur.
-         Tu es très jolie en blonde, tu sais, lui chuchota Mariana en lui adressant un clin d’œil complice. Elles rirent de bon cœur.
Il avait l’impression que ses membres n’arriveraient plus à le porter bien longtemps. Il fallait encore tenir, encore un peu. Elles allèrent enfin se changer. Anauel se laissa tomber lourdement sur la chaise la plus proche et ferma les yeux. Ca avait été un calvaire de ne pas la toucher. Comment allait-il pouvoir résister à ce désir qui le tenaillait, ne pas révéler ses véritables sentiments. Il le savait, il ne lui était pas, non plus, indifférent. Elle avait rougi quand il l’avait complimentée. Heureusement, il avait su garder le contrôle, bien qu’il l’ait perdu l’après-midi même. Il ne cessait de penser à ce premier baiser, ce baiser qu’il lui avait volé… Il entendit leurs rires. Il se leva et aida Oran à finir de desservir. Ce dernier ne l’avait pas attendu et avait pratiquement terminé. Depuis qu’Anauel avait habité chez eux, il avait appris à le connaître. Il savait que lorsqu’il était préoccupé, il valait mieux le laisser seul, méditer et quelque chose lui disait que Mariana n’était pas indifférente à ce qui le tourmentait.
Par Marypistache - Publié dans : Un amour de fée : ma toute première histoire
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