Chapitre 27 : Ames tourmentées…
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Chapitre 27 : Ames tourmentées…
Chapitre 26 : Le véritable ennemi
Le peuple était en liesse. Ce qui expliquait l’animation qu’avait rencontrée à leur arrivée Anauel et les autres. Manfred avait annoncé la mise en place de préparatifs pour fêter le retour du Roi Elohim et de sa fille, la Princesse Hanaelle et avait invité la population à se mettre au travail. Ils avaient décidé de faire de même pour ne pas éveiller les soupçons. Hanaelle était radieuse ; voir combien son père était aimé de son peuple lui redonnait du courage. Elle aurait, aussi, enfin l’occasion de revoir ses amis qui devaient bientôt venir, suite à l’invitation lancée par Anauel… Il savait qu’elle aurait besoin de tout le soutien nécessaire pour se maîtriser face à Manfred et ne pas lui cracher au visage. Manfred, quant à lui, éprouvaient un plaisir sadique à mettre Elohim au courant de la situation qu’il trouvait irrésistiblement ironique. Le retour d’un Roi sur la fin, agissant sous la menace allait être fêté en grande pompe… Le peuple se préparait à l’acclamer et à fêter son retour et celui de sa fille alors qu’il n’avait, en réalité, jamais quitté le palais où il était maintenu prisonnier jusqu’à ce qu’à ce que sa fille soit retrouvée. Elle avait eu la bonne idée de s’enfuir, pas pour les bonnes raisons, mais au moins elle était à l’abri, loin, très loin du Royaume puisque Manfred ne l’avait pas trouvée. Il aurait été atterré s’il avait su qu’elle était bien plus proche qu’il ne le pensait… et qu’elle allait bientôt se jeter dans la gueule du loup.
Chapitre 25 : Le secret d’Anauel
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« Des larmes viendront le miracle qui te sauvera de la malédiction héritée de tes ancêtres, de ta haine renaîtra leur
pouvoir. »
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Miracle…Le mot avait résonné en elle comme un écho : « Des larmes viendront le miracle qui te sauvera de la malédiction héritée de tes ancêtres, de ta haine renaîtra leur pouvoir. » Mais que pouvait donc bien signifier cette phrase ? …
Petit ange, où es-tu ?
Cette question raisonna dans l’air sans réponse
L’heure du rendez-vous avait sonné
Mais pas de petit ange…
La petite fée s’assit patiemment
Et attendit.
S’associant à sa peine,
La lune pâle et le scintillement clair des étoiles
Semblèrent s’adoucir,
La brise semblable à un long soupir
Vint caresser doucement son visage,
Lasse, elle ne voulut néanmoins pas partir
L’espérant toujours.
Elle trouva refuge dans le creux d’un vieux chêne
Et
Des larmes qu’elle ne pouvait plus retenir perlèrent à ses cils.
Rompue de fatigue et de tristesse, elle s’endormit dans ses pleurs,
Compatissant à peine,
Silencieuse, la forêt semblait s’être recueillie
La lune se voila dans sa robe grise pour ne point éveiller la fée endormie,
Les étoiles se parèrent de leur manteau de brume
Et le vent à son tour retint son souffle.
Tous attendirent la venue du jeune homme
La nuit passa
Et le soleil vint à la rencontre de la lune,
Voyant son air triste, il voulut savoir
Et des perles cristallines brillèrent à ses yeux.
Une fine rosée se posa alors sur la plaine,
Fruit de la rencontre du soleil et de la lune
Emus par le chagrin touchant de la petite fée,
Et
C’est ainsi , chers amis, que naquirent les perles de rosée…
La muse rendit visite au poète
Le voyant anéanti à sa table,
Elle s’approcha de lui
Et
Déposa sur son front blême
Un tendre baiser
De sa caresse légère,
Elle lui redonna vie
Ses grands yeux s'illuminèrent,
Et semblable à un grand ciel étoilé
Tel était à présent son regard
L’or de ses lèvres avaient scellé
L’union sacré
Du poète et de sa muse,
Qui savait fait éclore au-delà de la nuit
Les fleurs de son inspiration.
Lui rendant son amour dans un geste insensé,
L’homme lui vola un baiser
Sous cette étreinte subie,
Elle devint pour quelques heures
Un être de chair et de passion
Et
Mortelle
Dans les bras de son amant,
Elle goûta avec délice aux fruits de ses baisers.
L'Ange et la Fée
Assis sur une branche, le regard perdu dans le vide, un ange semblait porter toute la douleur du monde sur ses épaules. Petite fée son amie passait par là et le vit. Elle s’approcha et se posa en silence à ses côtés. Voyant les sillons que ses larmes dessinaient sur ses joues, elle se pencha doucement vers lui et de sa douce voix lui demanda timidement :
- Pourquoi pleures-tu ?
- Parce que je ne peux soigner tous les maux de la Terre… répondit-il dans un murmure.
- Tu ne peux tous les soigner mais ceux que tu soigneras seront à jamais sauvés même si tu n’en sauves qu’un.
Comme il pleurait toujours, elle lui demanda à nouveau :
- Pourquoi pleures-tu ?
- Parce que je ne peux sauver tous ces pauvres gens….
- Tu ne les sauveras pas tous. Mais ceux qui feront appel à toi, à ceux-là tu leur offriras une autre chance.
Comme il semblait toujours aussi triste, elle écouta le silence qui régnait en ces lieux. Il offrait quiétude aux âmes tourmentées qu’il arrivait à apaiser. La souffrance qui se dégageait de lui semblait palpable, elle aurait presque pu la prendre entre ses mains.
Rompant enfin le silence , il dit d’une voix tremblante d’émotion :
- Je ne suis qu’un pauvre ange incapable…
Ne le laissant pas le temps d’achever sa phrase, elle posa un doigt sur les lèvres.
- Rappelle-toi…murmura-t-elle. Tu m’as sauvé, moi, d’une mort certaine. Une fée ayant perdu ses ailes n’en est plus. Tu m’as rendu mes ailes… Tu m’as montré qu’il ne fallait pas perdre espoir, donner ce qu’on pouvait et faire de son mieux, aider dans la mesure de ses moyens. Tu m’as appris toutes ces choses. Tu m’as redonné espoir, tu m’as donné ton amour.
Elle reprit après une courte pause :
- Tu n’es ni un incapable ni un pauvre. Tu es riche de ton amour, de cet amour que tu donnes aux autres… Et tu n’es pas n’importe quel ange… Tu es mon ange, mon ange gardien.
Elle l’embrassa prestement le front avant de disparaître dans un rayon de soleil. L’éclat de ses boucles blondes dansaient encore devant ses yeux qu’elle avait su rendre étincelants de lumière.
La dernière lettre d’un salaud
J’étais un autre avant toi, j’étais moi avant toi.. Maintenant qui suis-je ?
Je ne suis plus moi même depuis que toi… Tu m’as ouvert les portes d’un monde où je ne peux plus désormais retourner… Je ne regretterai que ces instants où nos corps se sont trouvés et accordés à la perfection… Tu m’avais dit en riant ne pas venir de mon monde et j’en avais ri… Oui, tu n’étais pas de mon monde… Je n’aurais jamais cru rencontrer quelqu’un comme toi avant. Tu as été ma perle, mon étoile, mon ange… Jamais aucun homme n’a été aussi heureux… et maintenant, je vais tout gâcher… Alors que je t’aimais plus que tout au monde, je n’étais plus moi même… Tu m’avais changé… Je n’étais plus cet être rabougri, chétif qui avait peur des autres, ce salaud amateur de femmes… J’étais un autre homme modelé par ton amour et ta tendresse… Je n’étais plus moi-même… Trop d’amour, trop de toi, trop de bonheur, de ce bonheur insaisissable et étouffant, à ne savoir qu’en faire… Il m’a fallu fuir, te fuir, tout fuir… J’ai eu peur, trop peur, peur de me perdre, de me perdre dans ce bonheur que je ne méritais pas… Je t’aime à en crever… Je t’aime tout simplement comme je n’ai jamais aimé… Et ce sentiment, au lieu de me remplir de joie, m’horrifie… Ce feu qui m’envahit au lieu de me réchauffer me brûle de l’intérieur. Où est cet homme ordinaire que j’étais, ce macho sans borne qui enfilait les femmes, les aimait pour leur corps, leur cris de jouissance, ces regards reconnaissants pour ensuite en changer ?… Chaque femme était un nouveau défi… Depuis que tu es entrée dans ma vie, je ne suis plus cet homme, c’est toi qui me gouverne, qui me rend heureux, qui me fait jouir… je ne vois plus les autres femmes, je ne me vois plus moi même… Où suis-je ? Qui suis-je donc ? Qui est cet homme dans la glace avec ce sourire idiot sur le visage et ce regard bienheureux ? Ce n’est pas moi ! ça ne peut pas être moi !! Où est ce désir ardent qui brûlait mes prunelles ? Qu’as-tu fait de moi ? Suis-je devenu cet être fade, imbu de lui-même et de son bonheur ?? Je ne veux pas être cet homme !! Je t’aime oui, je t’aime mais cet amour me tue… Ce n’est plus ma maison, ce n’est plus ma vie, ce n’est plus moi… Si c’est cela le bonheur et l’amour alors je vous le rends mesdames, messieurs… je n’en veux pas… Je n’en veux pas de ce cadeau empoisonné… J’avais une vie avant toi que j’aimais, j’étais heureux… Ce bonheur, cette vie à deux bien réglée que tu me proposes, je n’en veux pas… Je te remercie de m’avoir fait ressentir toutes ces choses, mais je ne suis pas l’homme qu’il te faut, je ne suis pas celui qui fera battre ton cœur…
Elle n’en pouvait plus. Elle avait lu jusqu’à ce que ses larmes qu’elles avaient essayées en vain de retenir coulent le long de ses joues. Cet homme elle l’avait aimé comme jamais la fuyait…
- Je ne suis rien sans toi, tu le sais ça… dit-elle dans un cri de rage avant de s’effondrer en pleurant sur son lit.
Elle pleurait silencieusement comme si cette douleur qui la rongeait la privait de mots, de cris, de voix. Elle tenait toujours serré dans son poing cette lettre, source de tant de souffrance. Elle se pencha sur sa table de nuit, prit son livre de chevet et apposa à sont tour sur cette lettre ces quelques mots :
C’est toi qui m’apportais tout ce dont j’avais besoin, qui m’a permis d’être ce que j’étais. J’ai toujours eu peur de te perdre et maintenant, c’en est fait… Adieu donc mon amour, adieu mon amour…
Sans toi, je n’ai plus de raison d’exister...
Sans toi… il n’y a pas de sans toi.
Sans toi, c’est comme dire que ma vie s’arrête aujourd’hui.
Sans toi, c’est comme dire que plus rien n’existera après toi.
Sans toi, ça veut dire sans moi aussi, si tu peux te passer de moi, je peux bien me passer de moi…
Adieu donc… Vous m’avez retiré mon amour, vous m’avez ôté ma vie…Je n’ai plus de raison de vivre…
Elle se leva et se dirigea machinalement vers la salle de bain. Elle s’était moquée de son armoire à pharmacie, de tout cette batterie de médicaments pour soigner le moindre bobo. Elle aussi allait y trouver un remède contre cette douleur latente qui l’oppressait. Elle voulait dormir, simplement dormir, dormir pour toujours et oublier cette douleur. Elle revint lentement vers la chambre, s’assit sur ce qui avait été leur lit et termina la lettre par ces mots :
Je t’aime mon amour plus que moi-même.
Il rentra chez lui comme d’habitude, un bouquet de rose à la main, une bague de fiançailles dans la poche de sa veste et une demande en mariage écrite en bon et du forme. Il l’appela mais aucune réponse. Elle devait être sortie. Il déposa les fleurs sur la table du salon quand son regard fut attiré par une lettre froissée qui y avait été laissée en évidence ouverte. Il l’avait reconnue de suite. Il avait reconnu son écriture et celle de… mais à peine avait-il commencé à la lire, qu’elle tomba à ses pieds… Une angoisse et une terreur sans borne s’emparèrent de lui et l’étreignirent, il n’osait plus bouger. Il se rendit péniblement vers leur chambre dont la porte était restée entrouverte et réunissant ces dernières force, il la poussa. Ce qu’il vit le rassura d’abord. Elle semblait endormie, un sourire sur les lèvres… Quand, son regard se posa sur le petit flacon qui était tombé au pied du lit, il sentit son cœur se briser. Un douleur irradiante s’empara de sa poitrine. Aucune parole, ni aucune larme, rien qu’un mur de silence. Il s’approcha du lit, prit sa petite main encore tiède, retira la bague de son écrin de velours et la lui passa au doigt. Il avait du mal à respirer, le cœur comme pris dans un étau. Il se pencha sur son petit visage, déposa sur ses lèvres à jamais closes un baiser et ne se releva pas. Cote à cote, unis dans la mort, ils étaient devenus mari et femme.
Chapitre 24 : Premier pas dans le Royaume

Chapitre 23 : Aux portes du Royaume

